Laure Gonthier
Dans l’installation immersive What happens to the dream when the dreamer dies?, Laure Gonthier explore la transformation de la matière, le deuil et la transmission.
Dans cette autofiction, mots, sons et voix deviennent de nouvelles matières à travailler. Les histoires s’entremêlent, il est question de porosité et d’absorption. L’oralité, à travers le médium de la voix, épaissit l’expérience du présent, car la voix façonne, comme les empreintes de la main laissées dans l’argile malléable. Les récits se superposent et se transforment, ouvrant un espace de circulation entre différentes strates narratives. Les éléments en céramique invitent à une réalité matérielle où toutes les histoires deviennent possibles.
Le public est invité à s’asseoir sur certaines sculptures et à intégrer physiquement l’installation, activant un environnement dans lequel éléments sonores, textuels et plastiques coexistent et se recomposent.
Il existe une parenté silencieuse entre les gestes de la cuisine et ceux de la céramique. Dans les deux cas, la main mesure, mélange, enveloppe, ajuste. L’argile, comme la pâte, absorbe les états d’âme, les oublis, les souvenirs. Rouler un marillenknödel entre les paumes, c’est faire revenir la voix d’une grand-mère. Peindre les cailloux qui ont recueilli le dernier souffle d’une sœur, c’est tenter de fixer ce qui échappe. Les gestes nourrissent le ventre et épaississent la mémoire. Au cœur de l’œuvre, les femmes de sa famille, celles qui relient par le silence ou par les mains.