Anne Breton
Aux origines des explorations en terre d’Anne Breton naissent des montagnes. Peu à peu, elles s’animent. Les yeux percés, elles deviennent des portraits fantômes. Des jambes et des bras poussent, ces apparitions se métamorphosent en figures: enfant paille, femmes buissons, portraits de fleurs, oiseau de nuit, aveugle, amie… Des corps figés dans le grès mais en mouvement dans nos imaginaires.
Ces ensembles de sculptures esquissent un univers aux frontières fluides où de nouvelles formes coexistent en harmonie. Elles agissent comme des pièces compagnes et explorent les liens subtils entre la vie et la mort, la nature et ses créatures. À travers ces corps singuliers, Anne Breton propose une lecture intérieure du réel, partage ses visions et donne forme à des perceptions afin de nous inviter à entrevoir la possibilité d’un nouveau monde.
En écho à son travail, elle convoque les mots de Franz Schrader, géographe, cartographe et peintre pyrénéiste du XIXe siècle, qui dans sa conférence À quoi tient la beauté des montagnes prononcée au Club Alpin de Paris en 1897, évoquait cet élan simple et fondamental du vivant: se donner, s’envoyer hors de soi, communiquer à l’univers un peu de soi-même.
Photographies © Paul Tahon